Ce que porte l’extrait inventé
Exercice rédactionnel : ni données d’étude réelle, ni classement de dispositifs.
| Formulation examinée | Ce qui est disponible | Constat limité |
|---|---|---|
| Score inférieur à quatre semaines par rapport à une fiche | Comparaison explicitement rapportée chez les répondants | Soutenu comme description du cas, pas comme preuve causale |
| Moins d’envie et arrêt durable | Seul le score d’envie est rapporté | Première partie seulement ; séparer les affirmations |
| L’accompagnement a causé la différence | Des précisions nécessaires sur l’attribution manquent | Non vérifiable ici ; ne pas inventer le protocole |
Vérifier le lien, pas seulement la bibliographie
L’ICMJE demande que les références soutiennent les affirmations auxquelles elles sont associées. Identifier correctement un document ne suffit donc pas à valider la phrase.
Lire un exemple jusqu’au bout
Ce cas est entièrement inventé par la rédaction pour apprendre à lire ; il ne décrit aucune étude ni aucun service réel. Un article imaginaire affirme : « Cet accompagnement aide à arrêter de fumer durablement. » Le rapport imaginaire cité concerne des adultes volontaires dans un seul lieu associatif.
L’extrait fictif précise : « Le dispositif A proposait des rencontres de groupe hebdomadaires et des messages ; le dispositif B, une fiche d’information. À quatre semaines, les répondants de A rapportaient un score moyen d’envie de fumer inférieur à celui des répondants de B. » Il ne donne ni résultat de tabagisme à long terme, ni méthode d’attribution, ni traitement des non-réponses, ni estimation de l’incertitude.
Reprenons « arrêter durablement ». L’envie de fumer n’est pas le maintien de l’abstinence, et quatre semaines ne sont pas un suivi à long terme. La comparaison porte sur les répondants de deux dispositifs précis. Même « aide », qui paraît mesuré, introduit une interprétation causale que cet extrait seul ne permet pas d’établir.
Une reformulation fidèle serait : « Dans cet exemple inventé, les répondants bénéficiant de rencontres et de messages rapportaient à quatre semaines un score moyen d’envie de fumer inférieur à celui des répondants recevant une fiche. » Elle décrit la comparaison sans en attribuer la cause. L’affirmation d’arrêt durable n’est pas soutenue par ce passage ; cela ne démontre pas que l’accompagnement est inefficace.
Revenir au bon document, puis au bon résultat
Gardez la phrase exacte à côté de vous. Vérifiez le titre, les auteurs, l’année et le DOI ou un autre identifiant sur la page ouverte. Une autre publication sur le même thème n’est pas forcément celle citée. Si la référence mène à une revue, repérez d’abord son passage pertinent ; si la phrase attribue un résultat à un essai précis, remontez ensuite à cet essai.
Pour le cas fictif, il faudrait chercher un statut tabagique à une échéance plus tardive, sa définition et la comparaison correspondante. Une perspective dans la discussion ne remplace pas un résultat observé. Vérifiez aussi si le résultat concerne toutes les personnes incluses ou seulement celles qui ont répondu.
Le résumé indique une piste, pas tous les détails
Le NCCIH distingue la synthèse brève du résumé des parties complètes Méthodes, Résultats et Discussion. Le rôle de ces parties aide à orienter la lecture.
Ne pas remplir les blancs à la place de l’étude
Cherchez la page de l’éditeur, un manuscrit légalement ouvert ou un accès de bibliothèque. Si seul le résumé est accessible et qu’il ne donne pas le résultat nécessaire, dites : « Je n’ai pas pu vérifier l’affirmation à long terme dans le texte accessible. » Affirmer « l’étude ne contient pas ce résultat » exige d’avoir examiné les documents pertinents.
Une demande utile à la rédaction serait : « Votre phrase parle d’arrêt durable, mais le passage accessible compare l’envie de fumer à quatre semaines. Quelle section ou quel tableau soutient la partie à long terme ? » Une localisation précise vaut mieux qu’une nouvelle accumulation de références. Un décalage de portée ne suffit pas à conclure à une tromperie intentionnelle.
Confronter une affirmation à des preuves
L’Inserm décrit la vérification des faits et la confrontation des messages aux preuves scientifiques dans son dossier sur la désinformation en santé. Il s’agit de vérifier ce qui est affirmé, non de se laisser convaincre par le seul nom d’un organisme.
À retenir
Questions fréquentes
Un DOI certifie-t-il l’affirmation ?
Non. Il sert à identifier un document. Il faut encore l’ouvrir et retrouver le résultat auquel la phrase devrait correspondre.
Non soutenu signifie-t-il réfuté ?
Pas nécessairement. Cette source ne fournit pas le soutien requis. D’autres preuves peuvent exister, mais il faut les retrouver et les vérifier, pas les supposer.
Sources
Les affirmations centrales de cette page ont été vérifiées à partir des sources suivantes.
- International Committee of Medical Journal Editors (ICMJE): Preparing a Manuscript for Submission to a Medical Journal — References
Sources vérifiées: 2026-10-03
- National Institutes of Health / NCCIH: How To Make Sense of a Scientific Journal Article — Abstract and Main Section
Sources vérifiées: 2026-10-03
- Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm): Désinformation en santé : Peut-on lutter contre ?
Sources vérifiées: 2026-10-03
Guide de lecture des sources. L’exemple est entièrement fictif ; aucune efficacité ni recommandation médicale individuelle n’est établie ici. Pour choisir un accompagnement ou un traitement personnel, discutez vos questions avec un professionnel de santé qualifié ou un service spécialisé en tabacologie près de chez vous.